
Peut-on faire confiance à Yuka pour juger un cosmétique naturel ?
L'application Yuka a su séduire un large public en décryptant des informations sur la composition des produits alimentaires et cosmétiques. À l'aide d'un simple scan, elle attribue une note censée guider les consommateurs vers des choix plus sains. Si l'intention est louable, son application dans le domaine de la cosmétique, et plus encore dans celui des cosmétiques naturels, soulève de sérieuses réserves.
Pourquoi nous faire confiance :
Nous sommes au cœur de l’innovation en chimie verte depuis près de 10 ans.
Plus de 50 000 clients nous ont fait confiance depuis le début sur ce site et nous témoignent leur fidélité.
Passionnés, nous suivons de près toutes les avancées en botanique, en cosmétique mais aussi en dermatologie.
Yuka : un outil alimentaire avant tout
À l'origine, Yuka est spécialisée dans le domaine de l'alimentaire.
Son extension au secteur cosmétique repose sur l'analyse des listes INCI, ces fameuses listes d'ingrédients obligatoires sur les emballages.
Mais une liste INCI, aussi précieuse soit-elle, ne raconte pas tout : elle ne donne ni les pourcentages exacts, ni les origines des matières premières, ni leurs procédés de fabrication.
Et pourtant, en cosmétique, et tout particulièrement en cosmétique naturelle, ces nuances changent tout.

Ainsi, quand Yuka affirme qu'un ingrédient est d'origine synthétique, elle se base sur une généralité industrielle. Mais dans La Canopée, nous travaillons avec une approche radicalement différente : nos formulations sont 100 % d'origine naturelle, développées selon les principes de la chimie verte. Même des ingénieurs spécialisés en formulation conventionnelle ne maîtrisent pas toujours la richesse et la diversité des matières naturelles que nous utilisons. Et c'est bien normal : chacun son métier.
Le véritable problème, c'est que Yuka applique une grille simplifiée, standardisée, parfois arbitraire, pour juger de la qualité ou de la "toxicité" d'un ingrédient. Elle ne tient pas compte du dosage, du contexte d'utilisation, de la synergie des actifs, ni de la peau à laquelle le produit est destiné. Un ingrédient peut être déprécié simplement parce qu'il contient une molécule à signaler selon la réglementation, comme le linalol ou le géraniol, sans aucun lien avec un risque réel.
Et pourtant, ces molécules naturelles sont là pour une bonne raison : elles sont actives, elles ont des propriétés cosmétiques, elles apportent une efficacité réelle à nos soins. Ce sont des composants vivants, puissants, qui participent à la beauté et à la santé de la peau.
L’effet pervers du marketing :
formuler pour plaire à l’algorithme
Ce système de notation a malheureusement un effet pervers, il pousse certaines marques à formuler non plus pour la peau, mais pour l'algorithme. La course au 100/100 sur Yuka est devenue un objectif marketing en soi, et non plus une garantie de qualité réelle. Les formulations sont édulcorées, lissées, privées d'ingrédients potentiellement actifs mais mal notés. On retire les huiles essentielles, on évite les extraits puissants, on supprime les ferments ou les synergies botaniques... pour ne garder que des bases neutres et inertes.
Prenons un exemple concret : dans notre nouvelle gamme Ouistiti dédiée aux bébés, nous avons formulé une crème visage et corps à base d'eau de fleur d'oranger, reconnue depuis des millénaires pour ses vertus apaisantes.
Pour obtenir un 100/100 sur Yuka, il aurait fallu ne mettre que de l'eau plate en phase aqueuse, sans actif, sans histoire, sans efficacité. C'est un non-sens total.
Car un cosmétique sans allergène, c'est souvent un cosmétique sans vie. Les molécules actives issues du végétal sont parfois classées parmi les allergènes réglementaires, mais c'est précisément parce qu'elles interagissent avec la peau. Vouloir les éliminer revient à vouloir une infusion sans plante ou un café sans caféine, le geste reste mais l'efficacité s'efface.

⚠️ Pour rappel les allergènes sont importants à lister pour les personnes qui y sont allergiques. C'est comme l'indication des traces de fruits à coque sur les paquets de biscuits, pour autant est-ce que vous allez vous priver de ces petits délices si vous n'y êtes pas allergique ? Non, et vous avez une bonne raison !
Une réglementation qui évolue… et rend la course au 100/100 encore plus absurde
Dernièrement, la réglementation cosmétique européenne a évolué. La liste des allergènes à signaler est passée de 26 à 82. Ce changement vise à renforcer la transparence et à protéger les consommateurs réellement allergiques, ce qui est évidemment une bonne chose.
Mais concrètement, cela signifie que les listes INCI vont s'allonger, et que de plus en plus de produits, notamment les plus naturels, vont devoir définir les allergènes présents à l'état de trace. Pour rappel, un allergène doit être signalé dès qu'il atteint 0,001 % d'un produit non rincé, ou 0,01 % pour un produit rincé. Ce sont des seuils extrêmement bas.
Ce ne sont pas de "nouveaux" allergènes, ce sont des molécules connues et présentes naturellement dans les huiles essentielles, les extraits de plantes, les ferments, etc. Ce sont elles qui donnent vie aux formules. Et pourtant, sur Yuka, leur simple présence suffit à faire tomber une note.
C'est là que le problème devient flagrant, plus les marques chercheront à rester à 100/100, plus elles devront retirer de matières actives, simplifier à l'extrême, et proposer des produits… vides. Du vent.
Une cosmétique vivante, pas aseptisée

Dans La Canopée, nous faisons le choix inverse : proposer une cosmétique vivante, naturelle, sensorielle et réellement active. Même si cela signifie ne pas plaire aux algorithmes. Nous formulons pour la peau, pas pour les cases.
Nous savons que les allergènes réglementés ne sont pas des poisons. Leur présence, à faible dose, dans des produits bien formulés, est parfaitement tolérée par la très grande majorité des utilisateurs. Ce n'est pas leur nature qui pose problème, mais leur mésinterprétation.
C'est d'ailleurs exactement ce que montrent les applications de notation cosmétique, certains de nos soins sont mal notés uniquement à cause de la présence d'un allergène naturel. Cela révèle une méconnaissance profonde de ce qu'est un actif végétal et de ce qu'est la cosmétique naturelle. Et surtout, cela participe à une ambiance anxiogène autour de la beauté, où tout devient suspect, même ce que la nature nous offre de meilleur.
Un outil, pas une vérité
Cet article n'a pas pour but de condamner Yuka. L'initiative repose sur une volonté de transparence, et cela mérite d'être salué. Mais il faut le dire clairement : Yuka ne devrait pas être votre seule façon de juger de la qualité d'un soin cosmétique naturel.
Ce n'est qu'un indicateur parmi d'autres, avec ses biais, ses simplifications, ses erreurs. Une note sur une application ne peut pas remplacer l'expertise d'un formulateur, la sensorialité d'un soin, ni l'expérience réelle d'une peau.

Dans La Canopée, nous continuons à défendre une beauté intelligente, engagée, connectée à la nature. Même si cela ne convient pas aux algorithmes !